Orange mise sur la confiance pour relancer sa croissance

Eric LEGALE

Face à l’érosion des marges en Europe et à la pression des géants du cloud, Orange change de tempo. Depuis son siège d’Issy-les-Moulineaux, le groupe a récemment lancé son plan stratégique “Trust the Future” et fait de la confiance son principal moteur de croissance.

Au 111, quai du Président Roosevelt, dans le bâtiment Bridge qui domine la Seine, Orange ouvre un nouveau cycle. Le plan stratégique Trust the Future fixe la feuille de route du groupe jusqu’en 2028. L’ambition est claire : restaurer de la croissance dans un marché des télécoms sous tension.

Le contexte est exigeant. Le marché européen est mature. Les marges se contractent. Les usages explosent mais la valeur se déplace vers les plateformes et les hyperscalers américains. Dans cet environnement, la simple connectivité ne suffit plus. Orange veut devenir un partenaire global de la vie numérique.

Un plan stratégique pour générer 1 milliard d’euros supplémentaire

Le plan stratégique Trust the Future repose sur trois piliers : renforcer la proximité client, accélérer l’innovation et améliorer l’excellence opérationnelle. L’objectif affiché est ambitieux : générer 1 milliard d’euros de revenus additionnels d’ici 2028.

La moitié de cette croissance devrait provenir des services aux particuliers. Cybersécurité, protection du domicile, services financiers mobiles : Orange cherche à monétiser la confiance numérique. L’autre moitié viendrait du segment entreprises, notamment via le cloud, l’intelligence artificielle et la cybersécurité portée par Orange Cyberdefense.

Sur le plan financier, le groupe vise un cash-flow organique de 5,2 milliards d’euros à horizon 2028, ainsi qu’une progression à deux chiffres du bénéfice par action. La discipline d’investissement et l’automatisation, soutenue par l’IA, doivent permettre d’améliorer la performance.

L’Afrique et le Moyen-Orient comme relais de croissance

Le plan stratégique d’Orange accorde une place centrale à l’Afrique et au Moyen-Orient. Ces régions combinent croissance démographique et montée rapide des usages numériques. Orange y dispose déjà d’une base solide, notamment grâce à Orange Money.

Le groupe considère ces marchés comme un relais décisif, alors que l’Europe reste davantage un terrain de consolidation que d’expansion. Ce pari n’est pas neutre. Il expose l’opérateur à des environnements économiques et politiques plus volatils, mais offre un potentiel de croissance supérieur à celui des marchés historiques.

Un défi structurel pour l’opérateur historique

En toile de fond, Orange doit gérer la fin progressive du réseau cuivre en France, l’explosion des besoins en infrastructures très haut débit et la pression réglementaire. Parallèlement, les géants du numérique investissent massivement dans les réseaux et les services cloud, brouillant les frontières entre opérateurs et plateformes technologiques.

« Notre cap est clair : être le partenaire de confiance de la vie numérique », affirme la directrice générale, Christel Heydemann.

À Issy-les-Moulineaux, où se situe le siège du groupe, le maire André Santini a salué « une vision d’avenir fondée sur l’audace et le pragmatisme », rappelant l’importance d’Orange dans le tissu économique local. Un soutien institutionnel qui accompagne, sans le déterminer, un enjeu bien plus vaste : la capacité du groupe à transformer la confiance en croissance durable.

Avec Trust the Future, Orange ne promet pas une rupture spectaculaire. Il promet une exécution rigoureuse. Dans un secteur où la valeur se déplace rapidement, c’est peut-être le pari le plus stratégique.

Le plan stratégique Trust the future

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