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CES 2018 : la voix de l’in­no­va­tion

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C’est en sa qua­lité de pa­tron de l’in­no­va­tion de la So­ciété Gé­né­rale qu’Em­ma­nuel BA­VIERE, pré­sident de la com­mis­sion nu­mé­rique à Grand Pa­ris Seine Ouest et conseiller mu­ni­ci­pal dé­lé­gué à l’in­no­va­tion de Bou­logne-Billan­court, s’est rendu à Las Ve­gas, dé­but jan­vier, pour par­ti­ci­per au C.E.S., l’in­con­tour­nable sa­lon de la tech­no­lo­gie mon­diale.

Il a par­tagé, sur Lin­ke­din, son ex­pé­rience, que nous re­pro­dui­sons ci-des­sous, car elle ré­sume par­fai­te­ment bien les grandes ten­dances 2018 de l’in­no­va­tion :

LES 6 TEN­DANCES 

« J’ai re­levé six ten­dances, qui ont par­couru tout le sa­lon.

1 – La voix

Elle pour­rait consti­tuer un pro­to­cole uni­ver­sel, un lan­gage com­mun à tous les ob­jets connec­tés quel que soit l’éco­sys­tème au­quel ils ap­par­tiennent. D’ici quelques an­nées, les ana­lystes es­timent que qua­si­ment un tiers des re­cherches sur In­ter­net se fera par com­mande vo­cale. La voix est éga­le­ment la porte d’en­trée vers l’en­semble des ap­pli­ca­tions que contiennent nos smart­phones ; il est plus fa­cile de de­man­der quel temps fait il à Siri que d’ou­vrir une ap­pli­ca­tion mé­téo sur son iPhone.

2 – La « Mixed Rea­lity » (MR)

Elle com­bine réa­lité aug­men­tée et réa­lité vir­tuelle, per­met­tant de na­vi­guer d’un en­vi­ron­ne­ment à l’autre. Ce mix d’ex­pé­riences pour­rait en­ri­chir les for­ma­tions : vous sui­vez une for­ma­tion théo­rique pour ap­prendre à ré­pa­rer des mo­teurs d’avion en réa­lité vir­tuelle et vous pas­sez en­suite à la pra­tique en réa­lité aug­men­tée.

3 – La Blo­ck­chain 

Elle trouve de nom­breuses ap­pli­ca­tions dans le do­maine du paie­ment. Ma voi­ture une fois au­to­nome pourra ef­fec­tuer des paie­ments à ma place pour le pres­sing, le su­per­mar­ché, le péage ou en­core le sta­tion­ne­ment. La Blo­ck­chain per­met­tra de sé­cu­ri­ser cette dé­lé­ga­tion de paie­ment.

4 – L’IOT 

Il y a quelques an­nées, on par­lait d’IoT pour « In­ter­net of Things ». On parle au­jour­d’hui d’IoT pour « In­tel­li­gence of Things ». Les équi­pe­ments ne sont plus seule­ment connec­tés, ils de­viennent in­tel­li­gents, ca­pables de s’auto-or­ga­ni­ser, de s’adap­ter, grâce à l’in­té­gra­tion de l’In­tel­li­gence Ar­ti­fi­cielle.

5 – La voi­ture connec­tée

La voi­ture se mé­ta­mor­phose ; elle em­barque une my­riade de ser­vices et peut se trans­for­mer en es­pace de re­pos, de di­ver­tis­se­ment, de tra­vail, etc. C’est le même chan­ge­ment de pa­ra­digme que ce­lui qui s’est opéré pour le smart­phone. Cer­tains construc­teurs l’ont in­té­gré com­plé­te­ment, comme Toyota et son concept-car e-Pa­lette.

6 – La 5G 

Avec le très haut dé­bit, la 5G per­met­tra quant à elle de sup­por­ter le dé­ve­lop­pe­ment de ces tech­no­lo­gies, en par­ti­cu­lier l’In­ter­net des Ob­jets et le ma­chine to ma­chine. Com­ment ? En gé­rant les flux crois­sants de don­nées is­sues de l’IoT et en fa­vo­ri­sant no­tam­ment l’in­ter­opé­ra­bi­lité des ob­jets com­mu­ni­cants.

LES USAGES DE DE­MAIN

Tous ces élé­ments per­mettent de faire res­sor­tir quatre uni­vers au sein des­quels de nou­veaux usages vont se dé­ployer.

1 – La mai­son in­tel­li­gente d’abord, qui grâce à l’IA, dé­passe sa fonc­tion d’hé­ber­ge­ment pour de­ve­nir un hub d’ob­jets connec­tés pour toute la fa­mille. Il y a là une di­men­sion do­mo­tique, bien sûr, mais aussi l’idée d’or­ga­ni­ser la vie de fa­mille et les di­ver­tis­se­ments en s’adap­tant à chaque oc­cu­pant.

2 – La smart city, qui se dé­ve­loppe en syn­chro­ni­sa­tion avec les vé­hi­cules au­to­nomes. La voi­ture de­vient alors à la fois émet­trice de don­nées (afin d’as­su­rer la sé­cu­rité rou­tière ou d’op­ti­mi­ser la ges­tion du tra­fic au cœur de la ville in­tel­li­gente), ré­cep­trice de don­nées (afin d’ap­pré­hen­der son en­vi­ron­ne­ment) en­fin, source d’in­for­ma­tion pour les pas­sa­gers.

3 – La santé et le bien-être, avec la mul­ti­pli­ca­tion des vê­te­ments, chaus­sures, ac­ces­soires connec­tés. C’est l’avè­ne­ment de l’Homme Io­Tisé, qui em­barque une ar­mée de cap­teurs lui per­met­tant de me­su­rer en temps réel ses pa­ra­mètres vi­taux ou ses ac­ti­vi­tés phy­siques ; des cap­teurs qui sont dé­sor­mais di­rec­te­ment in­té­grés dans les fibres.

4 – Le sport, où les réa­li­tés aug­men­tée et vir­tuelle offrent à la fois la pos­si­bi­lité d’évo­luer dans des en­vi­ron­ne­ments im­mer­sifs (par­ti­ci­per au ma­ra­thon de New York, faire l’as­cen­sion du Mont Blanc) et d’amé­lio­rer ses per­for­mances (par­faire son swing, son smash, son tir, sa dé­tente).

LES PA­RA­DOXES DU CES

C’était la pre­mière fois que je me ren­dais au CES. J’y ai vu un taxi vo­lant, qui vous trans­porte d’un im­meuble à l’autre, un drone sous-ma­rin équipé d’une ca­méra, un ro­bot qui re­passe et plie vos vê­te­ments, un an­droïde qui re­pro­duit les ex­pres­sions fa­ciales… J’ai été bluffé par la key­note d’In­tel, qui a vé­ri­ta­ble­ment ou­vert le champ des pos­sibles et mon­tré que la tech­no­lo­gie c’était aussi s’ex­pri­mer ar­tis­ti­que­ment, vo­ler là où les autres vont rou­ler, voir un match de foot­ball à tra­vers les yeux d’un joueur. J’ai éga­le­ment re­péré de nom­breuses pé­pites fran­çaises : sur 900 star­tups, 275 étaient fran­çaises. Ci­tons par exemple Li­na­gora, avec la­quelle So­ciété Gé­né­rale col­la­bore étroi­te­ment, qui pré­sen­tait son as­sis­tant vo­cal Open Source et « GA­FAM free ».

Deux choses m’ont par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué.

La pre­mière, c’est l’in­croyable flot d’in­for­ma­tions dé­ver­sées en continu pen­dant quatre jours. Le CES, c’est 20 000 pro­duits, 185 000 vi­si­teurs, et près de 4 000 ex­po­sants ré­par­tis sur l’équi­valent de 35 ter­rains de foot­ball aux quatre coins de la ville. Tout l’en­jeu, c’est de se mettre à l’écart de l’agi­ta­tion, de prendre du re­cul par rap­port à cette in­fo­bé­sité, pour dé­ce­ler les vé­ri­tables in­no­va­tions de rup­ture et les usages de de­main.

La deuxième chose, c’est que le CES est par­couru de contra­dic­tions. C’est as­sez pa­ra­doxal de réunir phy­si­que­ment 200 000 per­sonnes qui pro­meuvent le re­mote control, et de par­ler du fu­tur dans un cadre old fa­shion, où les gens conti­nuent de s’échan­ger des cartes de vi­site. Par ailleurs, j’ai éga­le­ment ob­servé une pré­sence forte des ac­teurs asia­tiques, en par­ti­cu­lier chi­nois, qui pos­sèdent leur propre éco­sys­tème tech­no­lo­gique (les fa­meux BATX : Baidu, Ali­baba, Tencent et Xiaomi) et ali­mentent les nom­breuses in­no­va­tions évo­quées plus haut. Pour­tant, le CES conti­nue de se dé­rou­ler aux États-Unis, et de mettre les GAFA au pre­mier plan. C’est comme si nous re­fu­sions d’ad­mettre que le centre de gra­vité s’est dé­placé… »

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